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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 18 Déc 2018 13:01

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Dégringolade des ventes en GD sur la période des foires au vin
L'analyse des données du panel IRI* pour la période des foires aux vins AOP en grande-distribution française montre des contre-performances qui touchent les principales régions viticoles fournisseuses, Bordeaux en tête.




Globalement, les ventes de vins d'appellations en GD françaises entre le 20 août et le 15 octobre passent de 849 000 hl en 2017, à 757 000 hl cette année, soit l'équivalent de 12,2 millions de bouteilles de moins vendues sur la période. Le gros de cette baisse est à mettre sur le compte du vignoble de Bordeaux, qui représente traditionnellement le gros de l'activité. 215 000 hl, soit 28,6 millions de cols, ont été écoulés en 2018, contre 265 000 hl (35,35 millions cols) en 2017, soit une perte de 50 350 hl (6,7 millions de bouteilles) et -19%.

Les appellations du Rhône, deuxième en volume sur cette période, perdent 11 450 hl entre les deux campagnes (soit 1,52 millions de cols et -7,3%). Même ordre d'idée pour les vins de Provence, avec -11200 hl enregistrés (1,5 million de bouteilles), soit -16,6%. L'origine Languedoc-Roussillon perd 6500 hl, soit -9%. Les vins AOP de Loire, 3eme vignoble en volume, résistent mieux, avec une diminution de 3300 hl (0,44 million de cols) et -3%. Même tendance pour la Bourgogne.

Dans ce contexte, on notera la « bonne » performance, toute relative, des vins du Sud-Ouest, dont les ventes se maintiennent quasiment. Ce vignoble se classe en 4ème position en volume.

En valeur, les baisses sont moindres ou proches de zéro. Globalement, elles ont généré une activité de 569 millions d'euros, contre 612 millions, soit 42,7 millions d'euros de moins. (*Sorties de caisses hyper et supermarchés français hors HD et supérettes enregistrées du 20 août à mi-octobre 2018)


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 24 Déc 2018 13:05

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Champagne bio, une niche de luxe
Avec seulement 2% des vignobles de la région de Champagne cultivés selon des principes biologiques, sans engrais chimique ni produit phytosanitaire de synthèse, les bulles de fête bio restent rares.



Lise Cheurlin, installée avec son frère dans l'Aube, a produit sa première cuvée de champagne bio en 2014 : "Nous y sommes allés très progressivement en cinq ans, avec l'aide d'agronomes, nous avons diminué les doses de produits phytosanitaires, puis utilisé des huiles essentielles pour donner de la vigueur à la vigne" explique-t-elle lors du salon Vinibio, qui s'est tenu mi-décembre à Paris.

"Mais le bio, c'est très difficile pour nous" dit-elle. La Champagne est située sur une latitude nord qui définit la limite de la viticulture. Le nombre de jours de pluie favorise le développement des champignons qui menacent le raisin et les récoltes.

Le bio est néanmoins en "très fort développement", "surtout chez les jeunes vignerons" explique Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV). Il était temps, les vignes champenoises n'ont pas toujours été vertueuses pour l'environnement.

“LE BIO, C'EST RETROUVER LE PLAISIR D'ÊTRE DANS NOS VIGNES„

Les 15.000 viticulteurs champenois ont dû se défaire d'une pratique de fertilisation à base de déchets organiques urbains issus des poubelles franciliennes. "Les vignobles devenaient bleus" à cause des sacs poubelles hachés menu dans le compost qui s'infiltraient dans la terre, se souvient Jean-Michel Deluc, ex-chef sommelier du Ritz.

À des latitudes voisines, le Jura et l'Alsace, font mieux pour le bio que la Champagne", dit Jean-Michel Deluc. Mais les parcelles champenoises, petites en surface, sont difficiles à soigner en bio quand le voisin utilise des produits chimiques, admet-il.

"Mon grand-père nous a traités de fous quand nous nous sommes lancés en bio" reconnait d'ailleurs Lise Cheurlin, qui représente la 5ème génération de vignerons de sa famille. "Enfant, il avait assisté aux ravages des maladies sur les vignes, et aux galères qu'avaient affrontées ses parents pour produire". Pour sa génération, la révolution chimique avait été l'avènement du rendement garanti.

Aussi a-t-elle "beaucoup investi sur le matériel" : un tracteur chenillard qui n'écrase pas le sol, une "trottinette" pour désherber entre les rangs tout en évitant les ceps. Au total, "un travail beaucoup plus physique" et plus d'heures de travail. "Le bio, c'est surtout pour l'environnement et pour retrouver le plaisir d'être dans nos vignes" ajoute Olivier Mazet, qui a lui aussi repris l'exploitation de son père à Chigny-les-Roses (Marne), tout en bio, et parle avec passion de son terroir de craie : l'humidité conservée dans les racines a permis à la vigne de supporter la grande sécheresse de cet été.

CHAMPAGNE : UNE AMÉLIORATION DES PRATIQUES D'AGRICULTURE BIO

"Grâce à la double fermentation alcoolique, même dans un champagne dit conventionnel, on ne retrouve aucune trace de pesticide" assure-t-il. Contrairement à la Bourgogne voisine, où les plus prestigieux domaines viticoles comme la Romanée-Conti sont menés en bio - voire en biodynamie encore plus restrictive et exigeante sur les soins -, en Champagne, le bio est surtout promu par des petits vignerons. À l'exception notable de Roederer, qui mise aussi sur le tout bio.

"C'est sans doute parce que les grandes maisons très présentes sur les marchés d'exportation ont beaucoup de sources différentes d'approvisionnement, elles sont avant tout des acheteuses de raisin, ont besoin de grosses quantités et ne peuvent se permettre d'aléas" dit un vigneron. Or le bio représente un risque de perte de volume.

Maxime Toubart du SGV refuse pour sa part d'opposer bio et non bio, petits producteurs et grandes maisons, et salue une "amélioration continue des pratiques" dans les quatre terroirs de la Champagne. "Les efforts de tous valent mieux que les prouesses de quelques-uns" dit-il : "aujourd'hui, sans être bio, 20% des vignerons champenois sont certifiés dans des pratiques agricoles durables, et 80% d'entre eux s'y engagent".

(Avec AFP)


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 24 Déc 2018 13:14

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Les leçons tirées par les grands noms de la biodynamie sur la gestion du mildiou
Les rumeurs d’impasses techniques, notamment pour certains crus classés bordelais, alimentent l’idée que la biodynamie n’était pas adaptée aux pressions sanitaires extrêmes de cette année. Un jugement à réviser pour les experts et grands noms de cette viticulture alternative.





Dans le vignoble bordelais, les commentaires, pour ne pas dire les quolibets, vont bon train sur les rendements atteints par le château Pontet Canet, le grand cru classé de Pauillac en 1855 qui a certifié ses 81 hectares de vignes en biodynamie depuis 2010. Faisant état d’un cuvier quasiment vide et de vacances anticipées pour les vinificateurs, la rumeur estime sa production à une dizaine d’hectolitres par hectare (contre un objectif de 35 hl/ha pour le cru classé). « Les chiffres qui circulent ne sont pas loin de la vérité et les gens qui les font circuler ne sont pas forcément admiratifs de la démarche. Donc, je préfère ne rien dire de plus » balaie Jean-Michel Comme, le directeur technique de Pontet Canet, pour qui « on vinifie une matière de très haut potentiel. C'est sûrement cela que l'histoire retiendra. »

Le poids de l'humain

Alors que d’autres crus classés médocains ont subi un revers dans la gestion du mildiou (mais ne souhaitent pas répondre aux sollicitations), l’idée que la biodynamie n’est pas adaptée se répand (que ce soit dans sa philosophie en général et ses préparations en particulier). « Pontet Canet est connu pour aller au bout de la résistance des plantes. Ils sont dans l'expérimentation de la réduction maximale des doses… Alors que ceux qui s’en sont sortis ont augmenté les quantités à la floraison. Si l’on rate un traitement, il est plus difficile de s’en sortir après, en biodynamie, comme en bio. Mais il y a eu de beaux rendements sur certaines propriétés, alors que leurs voisines conventionnelles ne s’en sont pas sorties » souligne, anonymement, un consultant girondin. « Pour gérer le mildiou cette année, l’aspect humain était plus prégnant que le côté technique » ajoute l’expert, qui juge que la pulvérisation était souvent au cœur des problématiques, en termes de cadences, de réglages…

"Tout à fait possible"

« Il ne faut pas effrayer les gens à la conversion… Il est tout à fait possible de traverser une année comme 2018 en biodynamie » assure Richard Planas, le directeur technique des 14 domaines Gérard Bertrand (avec 600 hectares en biodynamie sur 800 ha). Si le mildiou sur feuilles et grappes est rare en Languedoc, la conjonction des fortes pluviométries et températures étaient pourtant tout bonnement inédites. « Les solutions préventives de la biodynamie étaient lessivées. C’était un vrai combat, épuisant physiquement et mentalement pour les équipes. il fallait tout traiter un jour et devoir recommencer le lendemain parce qu’il a plu dans la nuit » se rappelle Richard Planas.

Au final, l’impact estimé sur les rendements serait mineur, d’un ordre de 10 % de pertes. Et ce malgré une certification Demeter qui impose une dose moyenne de cuivre métal de 3 kg/ha sur cinq ans (contre 6 kg/ha.an en certification bio). « Normalement on est à moins de 2 kg/ha.an. Cette année on est entre 3 et 4,5 kg/ha selon les parcelles… Nous avons eu des résultats intéressants de prêle associée, sans dynamisation, à du cuivre. Ainsi que des traitements d’huile essentielle de lavandin qui ont freiné le développement du mildiou » rapporte Richard Planas.

Sans compter

Le technicien languedocien se défend de donner des leçons : « on a eu des déboires » précise le technicien, qui ajoute ne s’être rien refusé pour arriver au bout de ce millésime. « On n’a pas compté les passages. Cela s’est révélé payant de traiter à la machine à dos 50 hectares, alors que les bottes s’enfonçaient dans la boue jusqu’au mollet… » se remémore Richard Planas, soulagé que si la construction du millésime n’a pas été facile, les potentiels qualitatifs et quantitatifs sont à la hauteur.

"Savoir-faire et organisation"

« La pression mildiou a été exceptionnelle en 2018, mais il n’y a pas eu de dégâts catastrophiques sur les feuilles et les grappes » confirme Emmanuel Cazes, le dirigeant du domaine Cazes (Roussillon, groupe AdVini), qui s’attend globalement à une baisse de 5 % de ses rendements (qui ne serait pas due qu’au mildiou, mais aussi au stress hydrique). Certifiant ses 180 hectares de vigne chez Biosuisse, le vigneron a cependant dû limiter son usage de cuivre sous la dérogation de 3 kg/ha (la dose étant normalement de 1,5 kg/ha.an). « On a réussi à gérer grâce au savoir-faire et à l’organisation. Avec la prêle et les tisanes, mais aussi avec le rythme de traitement, les disponibilités des tractoristes et la qualité de la pulvérisation » estime Emmanuel Cazes. Les aspects humains et techniques ont été clés dans la réussite de la pulvérisation. Ont ainsi été réduits le nombre de rangées traitées (2 rangs en pulvé traîné et 3 rangs avec un enjambeur) et les vitesses (baissées à 4 km/h).

Virulence

Hors du Sud-Ouest et du Midi, la gestion du mildiou a aussi été un challenge, à un moindre niveau. Comme à la Coulée de Serrant (Savennières), où la vigneronne ligérienne Virginie Joly rapporte que sans être exceptionnel, « celui-ci a été virulent, et surtout il est arrivé directement sur grappe. Quasiment sans passer par la case feuille. » Malgré cette pression, « la gestion a été simple : passages fréquents avec de petites doses de bouillie bordelaise. Il ne fallait pas être envahi » explique-t-elle, avec une moyenne de 2 kg/ha de cuivre.

En Bourgogne, il n'y a pas eu de pression notable. « Rien d’exceptionnel, il n'y a eu aucun effet mildiou » rapporte Aubert de Villaine, le co-propriétaire du domaine de la Romanée Conti. « Il y a eu très peu de pluie, c’est un peu tôt pour le dire, mais ça va faire un grand millésime, avec la richesse de 2003 et le fruit de 2015 » analyse le vigneron, qui a utilisé 2,5 kg/ha de cuivre métal avec de fréquents passages. L'implication humaine dans le succès de l'application n'étant pas une rumeur, mais une leçon récurrente du millésime.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 10 Jan 2019 16:53

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Yanping Gong, la plus beaunoise des Chinoises
Installée en Bourgogne depuis une quinzaine d’années, Yanping Gong est une figure bien connue du monde du vin. Sommelière, elle organise désormais des stages pour faire découvrir la région, ses appellations et sa culture à la clientèle chinoise.




Que proposez-vous aux Chinois que vous accueillez aujourd'hui (en Bourgogne) ?
Pour vendre du vin aux Chinois, il ne suffit pas de faire un catalogue ! J'ai choisi de les faire venir sur le terrain, pour des visites du vignoble et des dégustations. Les formations se déroulent en partenariat avec le CFPPA de Beaune.


Qui sont les Chinois qui participent à ces formations ? Ils connaissent déjà les vins de la région ou ils viennent pour les découvrir ?
Depuis la création, on a formé un peu plus de 80 stagiaires, hommes et femmes. Ils viennent de différents horizons : importateurs, distributeurs ou vendeurs. Il y a aussi des gens qui sont en reconversion professionnelle. Certains travaillaient jusqu'alors dans la finance et ils ont envie de changer de métier. On a aussi des journalistes, des blogueurs, des restaurateurs et quelques jeunes amateurs d'une vingtaine d'années, majoritairement taïwanais.

Un de nos stagiaires est aujourd'hui leader en Chine avec sa marque, Vinocave, qui fabrique des caves électroniques. En venant en Bourgogne, il a pu améliorer son produit en discutant avec les vignerons. Pour les Chinois, les vins de Bourgogne sont plus sensibles, plus délicats que ceux de Bordeaux par exemple, c'est pour ça qu'il a lancé ce produit haut de gamme.


Ce sont les domaines prestigieux qui attirent les Chinois ?
Pour la majorité des Chinois, si c'est cher, c'est bon ! Beaucoup de records d'enchères ont été battus dans mon pays, même si au début ils étaient choqués par la simplicité des étiquettes de vins de Bourgogne. On ne voit pas la valeur. Sur les bouteilles de Bordeaux, il y a souvent le château, c'est plus luxueux. Mais de nombreux Chinois ont aussi une fibre commerciale. Ils ont rapidement vu les opportunités de faire des affaires qui s'offraient à eux avec les vins de Bourgogne.


Cela signifie que la clientèle chinoise est là uniquement pour les grands crus ?
Il y a deux types de clientèle. Les Chinois qui viennent en Bourgogne pour les domaines connus, très chers, les 3 R + 1 L : Romanée-Conti, Roumier, Rousseau et Leroy. L'autre profil, ce sont ceux qui souhaitent des vins par chers, avec un budget de 10 € pour les villages et environ 20 € pour les premiers crus. C'est plus difficile sur le marché chinois pour les vins qui se situent en milieu de gamme, en Bourgogne comme sur les autres vignobles d'ailleurs.


Vous parlez essentiellement de la Côte-d'Or. Qu'en est-il du Chablisien, de la Côte Chalonnaise et du Mâconnais ?
Les Chinois s'intéressent majoritairement à la Côte-d'Or avant tout parce qu'ils sont plus amateurs de vins rouges. En blanc, c'est plus compliqué ou alors il faut se tourner vers de vieux millésimes, prêts à boire. Les vins blancs jeunes, le problème c'est la fraîcheur et l'acidité. Les Chinois y sont très sensibles et n'apprécient pas vraiment. Même pour le pinot noir, au début, c'était compliqué. Maintenant, les Chinois comprennent mieux ce cépage et savent que la fraîcheur est nécessaire et que cela fait partie de son ADN. Ils ont bien compris que les rouges de Bourgogne étaient des vins de gastronomie.


Lors de la dernière vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune, de nombreux Asiatiques étaient présents dans la salle. Qui sont-ils ?
Le profil des clients a changé. Avant, c'était relativement facile d'identifier qui était dans la salle. Il s'agissait de professionnels du vin. Maintenant, on a beaucoup de particuliers qui viennent acheter pour eux, par exemple pour avoir du vin de l'année de naissance de leurs petits-enfants. Ils peuvent aussi se regrouper entre amis et déléguer l'un d'eux pour venir acheter une pièce, pour le fun. Les stagiaires que nous avons accueillis ont déjà participé et ont pu acquérir une quinzaine de pièces. L'augmentation du prix des vins de Bourgogne n'est pas un frein pour les Chinois, même si acheter aux hospices ça revient plus cher que d'acheter une bouteille vendue par un grand domaine !



Propos recueillis par Élisabeth Ponavoy

Il vous reste plus de la moitié de cette interview publiée dans le numéro 144 de Bourgogne Aujourd'hui à lire, ainsi qu'un dossier sur les "Bourguignons de l'année", des guides d'achat de vins de Meursault, Auxey-Duresses, Monthélie et Saint-Romain, un article sur le domaine Fèvre, à Chablis, sur un restaurant "qui monte", à Dijon, notre dernier supplément "Crémants de France", etc. Vous pouvez acheter Bourgogne Aujourd'hui n°144 au numéro et/ou par abonnement.



www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 16 Jan 2019 12:50

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Alsace : passage de relais au domaine Marcel Deiss
Jean-Michel Deiss, l’un des fervents défenseurs de l’identité viticole alsacienne, transmet son vignoble à son fils Mathieu. Une succession dans la continuité de la philosophie de la maison.




L’un quitte sans vraiment partir, l’autre s’installe doucement dans les pas du premier. Jean-Michel Deiss, à la tête du Domaine Marcel Deiss depuis plus de quarante ans, cède la place à son fils Mathieu. A priori, rien de bien original dans la transmission de cette maison située à Bergheim (68), au cœur du vignoble alsacien.

Si ce n’est l’originalité des protagonistes : qualifié de « trublion du vignoble », Jean-Michel transmet plus qu’une quarantaine d’hectares à Mathieu. Il lui lègue aussi une philosophie du travail de la terre, de la vigne et du vin.

Faire fi du cépage

Cultivées en biodynamie et en complantation pour faire ressortir la personnalité de chaque terroir, les vignes du domaine sont couvées de bienveillance, les fruits vendangés mûrs et désirables. Dixit Jean-Michel, « le grand vin est la verbalisation d’une émotion et d’une énergie libre venue d’un terroir… Plutôt que l’expression d’un cépage à la norme gustative creuse ». Si ça ne tenait qu’à lui, le cépage ne devrait même plus figurer sur les étiquettes des vins d’Alsace. Comme autrefois, la mention du village, des premiers et grands crus, y suffirait. La page ‘vin de cépage’ du site internet de la maison affiche d’ailleurs que « cette catégorie est indisponible ».

La remplace une gamme baptisée « de terroir » pour des vins qui évoquent d’abord la nature d’un lieu, cristallin, sédimentaire ou volcanique. Aucun ne porte la mention de l’un des sept cépages alsaciens. D’ailleurs pour Jean-Michel, il y en a 13 si l’on compte les diverses variétés de muscat ou de pinot. Cette palette assemblée à l’infini fait l’originalité des vins de la maison.

Préserver la marque du terroir

« Pour moi, le grand vin sera naturaliste, peut-être même avec des défauts, tant les jeunes consommateurs deviennent suspicieux devant la perfection émanant de la technologie », se projette Jean-Michel.
Loin de la productivité et de l’outrance aromatique, viser l’expression d’un lieu et sa bienveillance alimentaire, voilà le credo des Deiss. « Là réside l’honnêteté d’un vin et la dignité des vignerons qui le produisent. Si l’on veut préserver la marque d’un terroir, pousser un pied à produire trois kilos de raisins n’a pas de sens : je ne veux pas voir mourir nos vignes de tristesse ! »

Le vin du rêveur

La transmission du domaine va de pair avec celle de ces idées. Tout en respectant les différences de sensibilité qui peuvent exister entre Jean-Michel et Mathieu. A l’aube de la trentaine, le jeune vigneron, ingénieur agronome diplômé de l’école de Purpan à Toulouse, est arrivé sur le domaine en 2007. Pour lui, « la complantation est l’un des piliers historiques du vignoble alsacien. Mise en place progressivement sur les quelque 220 parcelles du domaine depuis 1985, elle en est l’âme. Ce mode de culture a aussi un réel sens agronomique, surtout avec le changement climatique. »

Résultat : les vins de la maison ont une signature gustative propre, une complexité et une profondeur de goût à part. Des qualités que l’on retrouve aussi dans les flacons du Vignoble du rêveur, ce laboratoire de six hectares hérités de sa mère dans les environs de Benwihr (68). Là, Mathieu peut innover, prendre des risques et progresser vers encore plus de naturalité.

L’avenir poussera plus loin cette philosophie. Chez les Deiss, « on ne demande qu’à servir d’exemple à ceux qui pensent qu’un vigneron est d’abord le gardien d’une civilisation et le serviteur d’un paysage ». Pour mettre en pratique le propos, Jean-Michel et Mathieu espèrent l’avenir viticole de l’Alsace forgé par l’excellence d’un produit bien fait. Selon eux, le seul moyen de se distinguer de la concurrence.

http://www.marceldeiss.com/fr/

http://www.vignoble-reveur.fr


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Hugo B. » Mer 16 Jan 2019 13:18

"L’un quitte sans vraiment partir"

Je suis curieux de voir quel rôle va jouer Jean-Michel Deiss à l'avenir pour le vignoble familial.
C'est en tout cas un immense personnage qui peut transmettre son domaine la tête haute.
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 17 Jan 2019 12:34

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Le ministre de l'Agriculture, qui veut «éduquer les jeunes à boire du vin», provoque la colère des médecins
Alors que le gouvernement a présenté la semaine dernière son plan contre les addictions, qui vise notamment à mieux faire respecter l'interdiction de la vente de tabac et d'alcool aux mineurs, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a tenu ce mercredi matin des propos concernant l'alcool qui ont fait bondir les professionnels de santé.




Chaque année, l'alcool est responsable du décès de 49.000 personnes en France. C'est notamment pour lutter contre ce fléau que la Mildeca, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, placée sous l'égide de Matignon,a publié la semaine dernière le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022. Un document validé par le cabinet du Premier ministre et qui provoque depuis quelques jours la colère des spécialistes de l'addiction à l'alcool. Ces derniers, qui réclamaient notamment un prix plancher pour ne pas que l'on puisse acheter du vin à deux euros le litre, considèrent en effet qu'aucune mesure n'a été prise pour lutter sérieusement contre les ravages de l'alcool.

"Le vin n'est pas un alcool comme les autres"

Interrogé sur ce sujet ce mercredi matin sur BFMTV, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation , a estimé que le vin "n'est pas un alcool comme les autres". "L'addiction à l'alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du binge drinking. Mais je n'ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côtes-du-Rhône, du Crozes-Hermitage, du Bordeaux ou des Costières de Nîmes, jamais. Ils boivent des mélanges, des mix, de l'alcool fort", a argumenté Didier Guillaume.

"Il faut lutter contre toutes les addictions, et il faut éduquer les Français, les Françaises, la jeunesse, au beau, au bon. Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c'est. Mais je le redis : attention aux addictions", a conclu le ministre de l'Agriculture avant de souligner que la viticulture est un élément économique fort du pays.

Des déclarations qui ont mis le feu aux poudres. "Quel aveuglement ! M. Guillaume, tous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria ou de beaujolais nouveau. Pour être plus précis, il y a tous les jours des comas éthyliques au vin", a réagi sur Twitter le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du fonds actions addictions.

Ce discours du ministre "place surtout la France dans une position intenable et lamentable quant à l'influence du lobby sur nos politiques", a estimé pour sa part le professeur Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions, également sur Twitter.

"Contrairement à ce que prétend le ministre de l'Agriculture, les études démontrent que les jeunes se saoulent avec du vin (18%) ou du champagne (25%) selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le vin est aussi un alcool comme les autres pour se saouler", a déclaré de son côté Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie.

Les propos du ministre tranchent avec une étude sur laquelle s'appuie le plan gouvernemental et selon laquelle "faire goûter de l'alcool à un enfant pourrait avoir pour effet d'augmenter la consommation de boissons alcoolisées à la fin de l'adolescence". Des acteurs de la lutte contre l'alcoolisme ont d'ailleurs dénoncé ces derniers mois la présence d'Audrey Bourolleau au poste de conseillère Agriculture de l'Elysée. Elle était déléguée générale du lobby du vin avant de rejoindre Emmanuel Macron. "Il y a au gouvernement et surtout à l'Elysée des gens qui ont décidé de soutenir la viticulture", avait réagi M. Reynaud, lors de la présentation du plan contre les addictions, déplorant l'absence de "mesures structurellement efficaces" et notamment pour agir sur le prix de l'alcool.

Ses propos sont également totalement contraires à ceux que la ministre de la Santé avait tenus l'hiver dernier. "Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre. En termes de santé publique, c'est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka, du whisky, il y a zéro différence", avait déclaré Agnès Buzyn en février 2018, s'attirant à l'époque les foudres du monde viticole.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 21 Jan 2019 12:01

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Guide Michelin : Marc Veyrat perd sa troisième étoile, un an après avoir été promu
« Je reste terriblement déçu », a confié le chef de Haute-Savoie. C’est la première fois que le guide gastronomique se déjuge en un si court laps de temps.




Il se dit « terriblement déçu ». Le chef gastronomique Marc Veyrat a confirmé ce lundi que son établissement haut-savoyard, La maison des bois, avait perdu une étoile dans le palmarès 2019 du guide Michelin, qui devait être révélé dans l’après-midi.

Dans un communiqué, le chef confie se trouver « dans l’incompréhension totale et injuste de cette destitution ». « Je reste combatif et présent dans ma cuisine avec mon équipe », affirme-t-il cependant.

Promue l’an passé

Sa table avait été promue l’an passé seulement, propulsée au firmament de la grande cuisine avec les fameux trois macarons du célèbre guide gastronomique. C’est la première fois que celui-ci se déjuge en un si court laps de temps.

Selon Le Point, qui avait annoncé la nouvelle dans la matinée, deux autres établissements se sont vu retirer leur troisième étoile cette année. L’Auberge de l’Ill, à Illhaeusern (Haut-Rhin), pouvait s’enorgueillir d’être au sommet sans discontinuer depuis 1967, sous l’égide de Paul Haeberlin puis de son fils Marc Haeberlin. A Paris, le Mozart (XVIe arrondissement) de Pascal Barbot disposait lui des trois étoiles depuis 2007. Ces rétrogradations doivent probablement à l’arrivée récente de Gwendal Poullennec, tout nouveau directeur international du guide Michelin.

Quelque « 75 restaurants seront promus, dans les catégories 1, 2, 3 étoiles, ce qui est un record chiffré », a par ailleurs annoncé Gwendal Poullennec, le tout nouveau directeur international du guide Michelin. La grande nouveauté devrait venir de la « proportion inédite de femmes chefs » attendue sur le podium, après des années de polémique sur leur quasi-absence.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 23 Jan 2019 12:59

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Guide Michelin 2019 : un vent de nouveauté
Le guide gastronomique le plus célèbre du monde a révélé ce lundi à Paris son nouveau palmarès. Il témoigne du nouveau dynamisme insufflé par son nouveau directeur.





En fin d’après-midi ce lundi, le monde gastronomique retenait son souffle à la salle Gaveau à Paris. Devant un parterre de très grands chefs étoilés (on pouvait croiser, entre autres, dans la salle Alain Ducasse, Guy Martin, Arnaud Lallement, Georges Blanc ou bien encore Christian Le Squer), l’anxiété et le stress étaient palpables. Au gré d’une présentation savamment étudiée, la tension est lentement montée pour atteindre son paroxysme avec l’annonce des 2 nouveaux 3 étoiles de l’Hexagone : Laurent Petit au Clos des Sens à Annecy qui, non sans humour, a déclaré au moment de recevoir son prix : « quel bon sens le Michelin ! ». Son émotion était évidente lorsqu’il a rappelé que la cuisine n’était « pas un métier, mais notre vie ». Sa 3ème étoile, le chef y voit le symbole de sa propre évolution, celle qui l’a décidé de « faire pour exister » en sublimant des produits très simples comme avec sa tarte au chou. Mauro Calogreco (le Mirazur à Menton) a été le second élu de la soirée. Ovationné par toute l’assemblée, le chef né en Argentine a rappelé qu’il était venu en France car « le pays possède la meilleure cuisine du monde ». Très ému, il n’en a pas oublié de citer tous ses maîtres, de Ducasse à Passard, en passant par Bernard Loiseau.

Au préalable, tout le public a retenu son souffle lors de la présentation des 5 nouveaux lauréats de 2 étoiles. Catégorie prestigieuse, elle est représentée par moins de 500 chefs sur les 3000 restaurants étoilés dans le monde. Parmi eux, une femme, Stéphanie Le Quellec du Prince de Galles à Paris. Le palmarès incluait également Alexandre Mazzia du restaurant AM à Marseille (déjà sacré chef de l’année 2019 par Gault & Millau), son très bon ami, David « Dadou » Toutain du restaurant éponyme parisien ainsi que Hugo Roellinger du restaurant le Coquillage à Cancale et Christopher Hay de la maison d’à côté à Montlivault dans le Loir-et-Cher.

De nouveaux prix et beaucoup de « 1 étoile »

Le guide Michelin, institution qui s’essoufflait nettement dans la dernière décennie, semble avoir clairement initié un renouveau, notamment grâce au nouveau directeur monde, Gwendal Poullennec. Nouveauté de ce millésime, 3 prix ont été décernés par les partenaires de l’événement. Celui de l’accueil et du service en salle est revenu à Sarah Benhamed du Crocodile, institution strasbourgeoise. Touchante de vérité lorsqu’elle a rappelé que, pour elle, « la plus belle chose était de donner », elle a versé une larme lorsque M. Poullennec a énoncé les mots de l’un des inspecteurs Michelin à son sujet : « une fois assis au Crocodile, on a l’impression d’être unique au monde ».

Cette édition 2019 aura toutefois été marquée par quelques revers : Marc Veyrat (La Maison des Bois à Manigod), Marc Haeberlin (l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern) et Pascal Barbot (l’Astrance à Paris) sont « rétrogradés » de trois à deux étoiles.

S’en est suivi le prix du sommelier décerné par Ariane Khaida, DG du groupe Duclot, à Albert Malongo Ngimbi de la table de Saint Crescent à Narbonne. Christopher Coutanceau, célèbre chef de La Rochelle a pour sa part été primé pour son engagement pour la gastronomie (et notamment la pêche) durable. Sans oublier bien évidemment les 68 nouveaux chefs 1 étoile qui ont rejoint cette année la grande famille des plus grands noms de la gastronomie française. Parmi ces talents, citons notamment Jérôme Schilling du restaurant Lalique au château Lafaurie-Peyraguey mais aussi Laurent Deconinck au restaurant L’Oustalet à Gigondas, propriété de la célèbre famille Perrin.

Jeunesse, féminité, chefs étrangers, le guide Michelin a véritablement décidé de « célébrer la gastronomie française et de France », dans toute sa diversité. Un vent de nouveauté qui fait du bien dans le paysage gastronomique français. Bravo à tous !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 25 Jan 2019 16:52

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Un peu de Chablis pour bien débuter 2019 !
Le 33ème Concours des vins de Chablis a livré son verdict le 19 janvier dernier, avec comme chaque année son lot de surprises et de confirmations.




Avec le Concours des vins de Chablis, dont la 33ème édition a eu lieu le 19 janvier dernier, les résultats changent, mais les "fondamentaux" restent toujours aussi solides. Pour y avoir participé à plusieurs reprises, nous pouvons en effet attester que c'est un concours sérieux et plutôt "sévère" ; en effet, sur les 327 échantillons dégustés cette année, 28 seulement ont été médaillés. Une vraie sélection digne de ce nom. Rappelons également que les organisateurs, Office du Chablis et Interprofession (BIVB), ne font payer que 12 petits euros par échantillon pour les frais d'organisation ; c'est 10 à 15 fois moins que dans certains "grands" concours aux retombées pourtant bien aléatoires.

Les producteurs et négociants de Chablis ne sont pas autorisés à juger des vins qui pourraient être les leurs. Les 86 dégustateurs présents le 19 janvier dernier étaient comme chaque année des restaurateurs, sommeliers, courtiers, oenologues ou amateurs éclairés ; et il y avait surtout beaucoup de "locaux", bons connaisseurs des vins de Chablis et de leurs spécificités : vins minéraux, frais, peu boisés, plus tendus que gras... Par expérience, à Bourgogne Aujourd'hui nous faisons très, très attention dans le "choix" des dégustateurs que nous invitons pour nos séances chablisiennes, tant des palais habitués à la richesse, au boisé, disons à un style plus "côte-dorien" peuvent passer à côté d'excellent chablis fins, minéraux, ciselés et de longue garde. Les dégustateurs jugent les vins en deux temps : les échantillons ayant obtenu les meilleures notes lors de la présélection avec l'ensemble des dégustateurs, passent ensuite l'épreuve du "super jury", qui décerne les médailles.


Précisons que le concours était présidé cette année par Tim Atkin, un sympathique jounaliste, écrivain, chroniqueur, conférencier photographe, britannique, titulaire du Master of Wine, au français parfait, d'une grande pertinence dans les jugements et les sélections. Tim Atkin a débuté sa carrière dans les années 80 et acquis en 33 ans d'expérience une vraie renommée internationale. A découvrir sur son site timatkin.com. C'est également l'occasion de parfaire si besoin est votre pratique de la langue de Shakespeare.


Voici donc les résultats du 33ème concours des vins de Chablis.




Petit-Chablis 2017

Médailles d'or : Le Cadet, Domaine de la Morre - Domaine Christophe et Fils.
Médailles d'argent : Tout d'un Grand, Domaine Venon et Fils - Domaine Ventoura.
Médailles de bronze : Domaine Bardet et Fils - Domaine Louis Moreau.



Chablis 2017

Médaille d'or : Tête d'Or, Domaine Billaud-Simon.
Médailles d'argent : Les Vénérables, La Chablisienne - Domaine Jacques Picq et ses enfants.
Médailles de bronze : cuvée Marianne, Domaine Pierre-Louis et Jean-François Bersan - Domaine Vocoret et Fils.



Chablis premier cru 2017 rive gauche

Médaille d'or : Vau Ligneau, Domaine Alain Geoffroy.
Médailles d'argent : Vaillons, Domaine Louis Moreau - Vau de Vey, Domaine Camille et Laurent Schaller
Médailles de bronze : Vosgros, Domaine Jean-Paul et Benoît Droin - Montmains, Domaine Guy Robin.



Chablis premier cru 2017 rive droite

Médailles d'or : Montée de Tonnerre, Domaine Christophe et Fils - Fourchaume, Domaine Guillaume Vrignaud.
Médailles d'argent : Fourchaume vieilles vignes, Domaine des Malandes - Vaucoupin, Domaine Corinne et Jean-Pierre Grossot.
Médailles de bronze : Montée de Tonnerre et Fourchaume, La Chablisienne.



Chablis grand cru 2016

Médailles d'or : Preuses, Domaine Nathalie et Gilles Fèvre - Vaudésir, Domaine Guy Robin - Valmur, Domaine Jean-Paul et Benoît Droin.
Médailles d'argent : Les Clos, Domaine des Malandes - Preuses, William Fèvre.
Médaille de bronze : Grenouilles, Domaine Jean-Paul et Benoît Droin.


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Messagepar Thierry Debaisieux » Ven 25 Jan 2019 17:00

Cette année encore, je ne vois ni Raveneau ni Dauvissat dans le palmarès.
Participent-ils à ce concours?
Je pense que non...
Que penser de ce classement d'où sont absents les deux Domaines phares de l'appellation?
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Messagepar Lalex » Lun 28 Jan 2019 08:47

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Léoville Poyferré ou l’art de la passation
Le 1er août dernier, Sara Lecompte Cuvelier* prenait la succession de son cousin Didier Cuvelier dans la gestion du Château Léoville Poyferré, Grand Cru Classé 1855 à Saint-Julien et du Château Le Crock, Cru Bourgeois à Saint-Estèphe. Six mois plus tard, les deux intéressés reviennent sur cette passation comme sur le bilan et l’avenir des deux domaines.




Sara Lecompte Cuvelier, quelles sont vos premières impressions depuis votre arrivée à la tête des propriétés Léoville Poyferré et Le Crock ?
J’ai découvert une équipe de cadres hyper motivés et impliqués, travaillant pour les propriétés comme si elles étaient les leurs. Le poste de gérante est passionnant et très diversifié, ce grâce à la multiplicité des sujets concernés entre la viticulture, l’œnologie, la logistique, les projets de travaux, l’aspect commercial, les relations publiques, les rencontres avec les amoureux du vin, le management, la gestion… C’est très complet, très enrichissant et on ne s’ennuie jamais !

Didier Cuvelier, quand s’est décidée cette passation et comment s’est-elle préparée ?
Après 40 ans de bons et loyaux services, j’ai estimé qu’il était temps de passer la main. J’ai toujours souhaité que ce soit un membre de la famille qui prenne ma suite pour faire perdurer le super état d’esprit des cadres de la société. Sara partageant nos réunions de gérance depuis 2003, je l’ai sentie de plus en plus intéressée dans l’idée de me succéder. Et au cours de nombreuses discussions j’ai compris et j’ai vite eu le sentiment qu’elle ferait parfaitement l’affaire.

Sara, la vie d’un Cru est un éternel projet, quelles sont vos ambitions à l’horizon d’une dizaine d’années ?
Pour Léoville Poyferré, poursuivre la quête de la qualité avec de nouvelles techniques au vignoble et au chai, développer la notoriété et la communication, et se positionner comme un second cru classé ouvert aux consommateurs… Pour le Crock, poursuivre le programme de travaux de rénovation des installations techniques du château, et continuer à faire progresser le niveau des vins.

Didier, de quoi êtes-vous le plus fier durant ces années à la tête des Châteaux Le Crock et Léoville Poyferré ? Et y a-t-il des regrets ?
Je suis fier de beaucoup de choses. Primo, au niveau des vins : le travail de plantations et de replantations des vignes a porté ses fruits. Depuis 2000, Poyferré est d’une régularité remarquable, et l’obtention de la note de 100 au Guide Parker en 2009 en a été la parfaite illustration. Secundo, au niveau architectural : tous les bâtiments du château ont été complétement refaits et je suis fier de pouvoir les faire visiter. Enfin, au niveau social : en 40 ans je n’ai jamais été aux Prud’hommes avec un salarié.

Sara, pour le Château Le Crock quelles sont les ambitions à l’endroit du classement des Crus Bourgeois ? Et sur les deux propriétés, on parle beaucoup du bio, est-ce dans votre viseur ?
Le château le Crock a toujours été cru bourgeois (supérieur en 2003), et la qualité de ses vins est unanimement reconnue par les professionnels et les particuliers. Le nouveau classement devrait permettre de faire reconnaître les vins à leur juste valeur. Nos propriétés sont engagées dans une démarche environnementale et 20 à 25% du vignoble est en bio. Conscients des effets des conditions climatiques sur la récolte, notre objectif est de progresser dans le respect de l’environnement et celui de notre voisinage, avec des produits adaptés.

Didier, continuez-vous de conseiller votre cousine et quelle est votre regard sur le « bio » (Bio, biodynamie…), sa faisabilité, son acception, ses limites ?
Le bio est une obligation pour moi, car à l’avenir nous ne pourrons plus nous servir de produits conventionnels. Nous y allons donc progressivement en augmentant chaque année la surface bio. Les résultats qualitatifs du bio sont intéressants, mais avant de se prononcer définitivement sur la qualité des vins cela demande beaucoup plus de recul. A terme nous n’envisageons pas pour le moment la certification en bio car cela restreint trop notre pouvoir d’intervention.


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Messagepar Lalex » Lun 28 Jan 2019 13:06

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Les bons calculs de Ducru-Beaucaillou
Bruno-Eugène Borie fait évoluer le domaine de Saint-Julien dans le peloton de tête des propriétés du Médoc. En appliquant quelques principes simples. Démonstration




Avec un nom de conte de fées, qui donnerait des insomnies à un directeur de l’export sans fantaisie, Ducru-Beaucaillou a su enchanter le monde. Sans doute parce qu’il s’agit d’un vin de gourmand, comme peuvent l’être les plus grands crus de Bordeaux, et la gourmandise est universelle. Derrière Ducru, le nom du propriétaire au XIXe siècle, et Beaucaillou, une référence aux roches charriées par la Gironde donnant sa spécificité au terroir, voici un breuvage de caractère, plein d’arômes et de saveurs, qui n’oublie pas pour autant de rester léger, aérien : le compagnon (ou la compagne) idéal(e).
Quel millésime choisir pour une première rencontre ? Peut-être un 1995, excessivement frais, mais très présent, vibrant même, une cuvée riche, aromatique, parfumée, qui fit succomber la critique américaine. Ou le 2005, associant finesse et puissance, une leçon d’équilibre issue de raisins dignes, dit-on, des plus beaux manuels d’ampélographie, ces ouvrages dédiés à l’étude de la vigne et souvent accompagnés de superbes illustrations. Ou encore un 2009, un 2010, les yeux fermés. Le 2011, à la robe grenat, aux saveurs épicées et florales, ne manque pas de charme, et le 2012 est un bonbon sublime. 2013, année difficile, se montre solaire et sympathique, plus proche d’un sangiovese italien que d’un bordeaux…

Les dernières vendanges ont donné de très belles cuvées. À ce titre, 2018 est très prometteur. Il ne reste plus qu’à l’oublier en cave, car le temps magnifie Ducru-Beaucaillou. « Pour moi, un millésime est un testament, un témoignage de ce qui s’est passé dans une propriété à un moment donné, d’un point de vue agricole, météorologique, mais aussi managérial et économique », remarque Bruno-Eugène Borie. Depuis le début du siècle (2003), il préside le directoire de la société qui gère le pôle Saint-Julien des vignobles familiaux avec Château Ducru-Beaucaillou, Château Lalande-Borie, lui aussi à Saint-Julien, et Château Ducluzeau, à Listrac.

Le temps long

Le bon fonctionnement de sa propriété phare, l’homme l’explique en quelques chiffres bien sentis : «Cinquante paires de mains se succèdent sur nos bouteilles. Le vin est une addition de manipulations, de savoir-faire, d’heures de soleil. À la fin, c’est une accumulation de soins et de détails qui font une grande cuvée. » Dans un monde de plus en plus pressé, le patron joue la carte du temps long : « Nous sommes repassés de 12 à 18 mois d’élevage en 2003 : ces six mois supplémentaires nous apportent ce raffinement qui garantit un meilleur vieillissement. Aussi, nous n’utilisons que des barriques neuves tout en cherchant le bois le plus neutre possible, qui ne marque pas. Chez nous, le bois n’est pas un facteur stylistique. Nous voulons un vin charpenté mais pas charpentier. En règle générale, nous ne souhaitons pas que les entrants façonnent nos cuvées. Nous cherchons la précision, nous voulons retrouver la pureté du raisin initial dans le vin. Pour cela, les grains sélectionnés ne supportent aucun défaut. La matière doit être impeccable. L’hygiène contribue à tendre vers cela, surtout quand on va de plus en plus loin dans l’extraction. »

Attaché à son terroir et ses traditions, il est aussi un entrepreneur qui améliore en permanence son outil de production : « Nous réfléchissons à la possibilité d’un nouveau cuvier. Déjà, la place des machines a augmenté lors de l’arrivée de la récolte, dans le but d’améliorer le tri. Nos lignes de triage sont donc plus longues. Ici, la technologie la plus pointue pour affiner le travail de la vigne. Nous disposons maintenant de plusieurs stations météo. Des outils nous permettent de connaître l’épaisseur de la couche d’humidité sur les feuilles, et tout cela est consultable depuis un smartphone. Par ailleurs, nous cherchons à utiliser des produits moins marquants pour le végétal et l’environnement. Cela veut dire qu’il faut recourir à des traitements à durée de vie réduite - principalement le soufre et le cuivre -, et les appliquer sur l’ensemble des vignes, très vite après détection des symptômes. Un choix qui impose de disposer de beaucoup de matériel. » Une culture raisonnée qui vaut à la propriété une estimable certification ISO 14001 haute valeur environnementale de niveau 3. « Nous ne sommes pas nuls ! » commente Borie.

Ni accroché à une agriculture conventionnelle, ni ayatollah du bio, ni prosélyte de la biodynamie, il parle plutôt de « convergences », de « méthodes qui mixeraient le meilleur de chaque école. Aujourd’hui, nous sommes trop souvent dans le dogmatisme. Je souhaiterais que nous allions vers plus de pragmatisme et surtout vers plus de bienveillance. Il faut à la fois avoir confiance en l’homme et croire au génie de la science. » Une forme de positivisme adapté à la viticulture contemporaine.

Produire moins, produire mieux

Pour Bruno-Eugène Borie, le vin est aussi une soustraction : « Nous n’hésitons pas à faire tomber du raisin, nous effeuillons, nous effectuons des tris de grappe, nous vendangeons les jeunes pieds à part. Ces petits soins apportés à la vigne correspondent, à la fin, à une production inférieure à celle d’il y a quelques années. Nous sommes passés d’environ 16 000 caisses de premier vin par an (192 000 bouteilles, NDLR) à 8 000 désormais. Cela correspond à une évolution générale de Bordeaux, à une démarche que nous avons peut-être poussée un peu plus loin que d’autres. Je note au passage que je suis fier et fan de ce que je vois aujourd’hui dans notre vignoble, où les propriétaires sont animés par le plaisir de bien faire et de protéger leur environnement, quoi qu’en pensent certains. »

Les intérieurs du château sont en travaux. Le propriétaire soigne son patrimoine et son cadre quotidien, fait appel aux décorateurs à la mode. Car Borie compte parmi ces rares Médocains qui vivent dans leurs vignes, été comme hiver. La sédentarité ne semble pas poser problème à celui qui fut un grand nomade international. « Après avoir beaucoup voyagé et aimé cela, aux États-Unis notamment, je considère que l’on fait du bon vin quand on est dans ses vignes, au milieu de ses équipes. Personne ne vendange dans un salon d’aéroport. Il faut accepter de se mettre à disposition de la nature. Peut-être qu’à une époque on a cru le contraire… »

Chasseur, pêcheur, cueilleur de champignons et cuisinier, il a fait de sa vaste cuisine un des centres névralgiques de la propriété, enfile le tablier dès que possible. La plume de la bécasse, le poil du chevreuil et autres civelles révèlent de formidables accords avec les cuvées de la maison.

Depuis 2005, La Croix Ducru-Beaucaillou, ancien second vin de la propriété, constitue un cru à part entière, tandis que Le Petit Caillou, né en 2007, prend maintenant la place de second vin. Il est concocté à partir des lots qui n’ont pas été retenus pour les deux autres cuvées. En ce qui concerne la forme, la maison se permet quelques extravagances. Notamment avec la mise en vente de séries de grands formats, dont un étonnant « babylonium » de 27 litres, contenant l’équivalent de trois caisses. Une excentricité qui obtient un franc succès, notamment en Asie. « Nous proposons chaque année une collection de 21 formats différents de Ducru-Beaucaillou, personnalisables. » Bien vu. 90 % du premier vin est destiné à l’export, et l’Asie représente environ la moitié de ces volumes, avec Hongkong, la Chine, Taïwan, Singapour et Macao, en têtes de pont. « Les Chinois aiment banqueter, boire et manger, célébrer les bonnes bouteilles. Les Américains sont différents, très dégustateurs mais peut-être moins jouisseurs. » Et ceux qui prennent le temps de faire une pause à Saint-Julien dégustent les cuvées dans les meilleures conditions.


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Messagepar Lalex » Lun 28 Jan 2019 13:08

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Vega Sicilia, le temps suspendu
Le domaine le plus réputé d'Espagne ouvre ses portes et explique sa philosophie.





"J'ai eu la chance de tomber amoureux de ce métier", commence Pablo Alvarez. L'homme d'affaires, costume trois pièces impeccablement taillé, est à la tête de l'iconique propriété de la Ribera del Duero depuis plus de trente ans. Rachetée par sa famille en 1982, il s'en voit confier la charge alors qu'il n'a que 29 ans et propulse les trois cuvées Reserva Especial (assemblage de trois millésimes d'Unico), Unico et Valbuena, dans la catégorie très enviée des crus mythiques dispensés au compte-gouttes.

Le domaine est immergé dans 1 000 hectares d'arbres et de céréales. Les 140 hectares de vignes exploitées par Vega Sicilia sont implantés à l'ouest de l'appellation et exposés plein nord, pour plus de fraîcheur. Il plane sur la Ribera del Duero, située au centre de la Castille, dans la vallée creusée il y a 50 millions d'années par le "fleuve d'or" qui lui donne son nom, une atmosphère presque mystique, poudrée et mélancolique. Le tinto fino (communément nommé tempranillo) s'enracine sous forme de buisson qui s'ouvre en mains tendues vers le ciel. Un patrimoine de 25 clones, sélectionnés dans les plus anciennes parcelles de l'appellation pour leur capacité à produire des grappes aérées, a été préservé : "Essentiel pour ne pas perdre la fraîcheur du tempranillo", insiste Gonzalo Iturriaga, chef de cave de Vega Sicilia.

Le vignoble est bichonné par 70 personnes à plein temps, de façon très "verte", en empruntant quelques méthodes à la biodynamie, sans souhaiter de certification. "Il faut respecter le vignoble, mais il faut aussi pouvoir réagir. L'antibiotique n'est pas bon pour l'homme, mais parfois, il est indispensable", raisonne don Pablo. Aucun cep de moins de 11 ans n'est utilisé, une règle stricte adoptée il y a trente-cinq ans. "En dessous, la qualité n'est pas suffisante", précise senor Alvarez. À contre-courant de certaines bodegas voisines, les vieilles vignes ne sont pas le Graal de Vega Sicilia. Celles qui servent à l'élaboration d'Unico ont un âge moyen de 35 ans et une date de péremption fixée à 65 ans. "Nous considérons qu'à partir cet âge la vigne commence son déclin. Elle est comme l'homme, et personne n'est meilleur à 100 ans qu'à 50", compare Pablo Alvarez.

"Une tonicité inégalée"

Le climat capricieux et austère de la région est résumé par l'adage populaire « Neuf mois d'hiver et trois mois en enfer », qui fait allusion à l'amplitude thermique spectaculaire, avec des températures qui s'étalent de - 10 °C à 40 °C. La vigne ne dispose que d'une minuscule fenêtre pour la maturation de ses baies ; elle offre sa fleur en juin, parfois même en juillet. Les vendanges vertes effectuées limitent les rendements d'Unico comme de Valbuena, dont les productions respectives n'excèdent jamais 125 000 et 200 000 bouteilles par an malgré la surface du vignoble. Pour optimiser la qualité, il faut oser sacrifier une grande partie de la récolte, voire toute : certains millésimes, jugés insuffisants, ne voient pas le jour. Les raisins sont vendangés dans leur croquant. "Nous recherchons le côté al dente des baies pour conserver l'acidité et le fruit", commente le chef de cave.

Les plus beaux terroirs sont situés à 700 mètres d'attitude sur des sols de craie d'un blanc immaculé, durs et au pH élevé, pour des vins angulaires et tendus. "Sur ces sols, les raisins ont une tonicité inégalée." Le domaine compte 19 terroirs distincts et une mosaïque de 55 parcelles vinifiées séparément dans un équipement high-tech rutilant et toujours flambant neuf, la totalité étant renouvelée tous les sept ans. Les grappes tout juste vendangées sont apportées dans une cuverie impeccable. "Il est très important de maintenir la cave parfaitement propre, le vin capture tout", insiste don Pablo. Un hygiénisme qui n'est pas forcément la norme en Espagne. Les baies sont rafraîchies dans des chambres froides pour permettre, une fois en cuve, une extraction très douce du tempranillo, un cépage intense et coloré, que l'on peut vite faire basculer vers une lourdeur maladroite. Il est assemblé de 5 % à 20 % (selon le millésime) de variétés françaises : cabernet sauvignon pour Unico, merlot pour Valbuena. Puis le temps ne compte plus.

Le vin entame un ballet boisé, maintes fois transvasé et assemblé dans un savant mélange de barriques neuves, de grandes cuves en bois et en acier, additionné à un repos prolongé en bouteille. Réputé pour ces élevages interminables, il n'existe pourtant pas de formule magique pour créer les vins de Vega, leur « éducation » se fait en fonction de leur personnalité. Unico séjourne à 75 % un an au moins en barriques neuves, moitié françaises, moitié américaines, puis plus de quatre ans dans de larges cuves de bois, suivis de quatre autres années en bouteille. "Les fûts que nous confectionnons à base de bois américain avec notre tonnelier sont très importants, ils arrondissent les angles de nos jus si puissants et leur donnent du corps. Avec les barriques françaises, nous partons à la quête des épices, d'une structure et d'une longueur", analyse Gonzalo Iturriaga. Unico est rarement mis sur le marché avant ses 10 ans.

"Quelque chose de magique"

Ce rapport au temps, sans règles préfixées, offre une leçon d'humilité capitale. "Le temps est essentiel dans le vin. C'est difficile, émotionnellement. Quand on est jeune, on pense pouvoir tout voir. Quand on vieillit, on admet qu'on ne verra jamais le résultat de certaines choses", observe Pablo Alvarez. Les superlatifs se succèdent pour décrire Unico : d'abord austère, il se développe majestueusement en une matière profonde, animée, aux saveurs suaves, au potentiel de garde infini. Les protagonistes eux-mêmes ne l'expliquent pas. "Jesus Anadon, qui s'est occupé du domaine pendant quarante ans, m'a confessé, quand il était très âgé, qu'ici il y a quelque chose de magique, ça ne se passe pas comme ailleurs", raconte Pablo Alvarez, avant d'ajouter : "Nous ne savons pas d'où vient ce goût si spécial, c'est juste la nature qui parle."


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Messagepar Lalex » Lun 4 Fév 2019 13:31

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Jacques Devauges quitte le Clos de Tart
Régisseur du Clos de Tart depuis 2015, Jacques Devauges quittera ses fonctions le 1er mars. Il sera remplacé par Alessandro Noli.


Le régisseur du Clos de Tart, Jacques Devauges, sera remplacé le 1er mars par Alessandro Noli, en poste à Château-Grillet, autre propriété de François Pinault.
L'entente entre Jacques Devauges et la nouvelle équipe aura donc duré moins d'un an. Espérons que le style du Clos de Tart, revenu depuis 3 millésimes au plus haut niveau, ne sera pas remis au cause.
Quant aux nouveaux projets de Jacques Devauges, ce dernier ne souhaite pas les dévoiler pour le moment.


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Messagepar Lalex » Lun 4 Fév 2019 13:34

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2018, un sommet pour Le Clos des Lambrays
Le régisseur du domaine de Morey-Saint-Denis, Boris Champy, évoque le caractère exceptionnel du dernier millésime.




C’était la première vendange de Boris Champy, le régisseur du Clos des Lambrays – propriété du groupe LVMH –, arrivé quelques mois plus tôt pour succéder à Thierry Brouin à la tête de ce petit bijou de 8,66 hectares. Comme une grande partie de la Bourgogne, la Côte de Nuits a bénéficié l’an passé de très bonnes conditions météorologiques.

«2018 présente des richesses tanniques incroyables, des arômes de fruits noirs que l’on trouve rarement en Bourgogne avec un tel degré d’intensité. Avec ce millésime, on ne parle pas d’arômes de myrtille mais de tarte aux myrtilles ! Ce sera un cru atypique qui se rapprochera sans doute du 1947.» Le choix des dates de vendanges fut inspiré : «Nous avons voulu contrebalancer un été très ensoleillé en ramassant tôt notre raisin, dès la semaine du 27 août, et ainsi éviter de produire un vin lourd et des saveurs de cuit. Nous avons voulu préserver de l’acidité. » Une option qui semble évidente a posteriori mais que très peu de domaines osèrent prendre. Sur place, il est déjà question d’un millésime de légende, de ceux qu’un vigneron ne signe pas plus de cinq fois en une carrière. Au Clos des Lambrays, le rendement obtenu de 35 hectolitres par hectare en 2018 est considéré comme idéal.

Pour les prochaines récoltes, l’objectif de Boris Champy est de retrouver l’exceptionnelle qualité des vins élaborés ici dans les années 1930, et leur puissance, quand le Clos trônait au top 5 de la Bourgogne. « Les grands millésimes du Clos des Lambrays, comme les 1923, 1934 et 1937, ont un formidable potentiel. Ils peuvent vieillir quatre-vingts ans. Nous avons analysé ces vieux vins qui ont révélé des degrés d’alcool et des taux d’acidité proches de ceux d’aujourd’hui. Le niveau atteint à l’époque par le Clos n’était pas le fait du hasard. Sur ce terroir hors norme, Camille Rodier, le propriétaire d’alors, avait planté les meilleurs plants, exclusivement en cépage pinot noir, qu’il avait sélectionnés avec beaucoup de soin. Nous voulons retrouver cette viti­culture d’excellence.»


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Messagepar Lalex » Jeu 21 Fév 2019 12:58

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Encore fallait-il le prouver
Les défenses naturelles plus élevées pour les vignes en biodynamie
Au-delà des controverses, des essais alsaciens permettent de comparer scientifiquement les impacts biologiques des pratiques conventionnelles et biodynamiques.




« Les défenses naturelles sont plus élevées dans les vignes conduites en biodynamie, quel que soit le climat et la pression de pathogène » pose Jean Masson, directeur de recherches à l’Institut National de la Recherche Agronomique de Colmar. Celui-ci tire cette conclusion des résultats de suivi des teneurs en métabolites secondaires et des expressions de gènes d’immunité sur quatorze parcelles de pinot noir de 2014 à 2017, pour 30 hectares de vignes, plantées sur SO4 et conduites par huit vignerons en conventionnel et trois producteurs en biodynamie. Publiée dans la revue Scientific Reports, cette étude alsacienne a l’ambition de corriger un déficit de connaissance : « il n’y avait pas de résultats scientifiques concernant les effets de la viticulture en biodynamie contre le mildiou et l’oïdium. De même, on ne sait pas pour la viticulture conventionnelle si les pesticides de synthèse ont un effet dépressif ou stimulant sur les vignes » explique le chercheur, qui n’a pas encore de réponse à cette dernière interrogation.

Charges et symptômes

Pour cet essai (sans vigneron bio), tous les viticulteurs suivis traitent au soufre et au cuivre, les conventionnels ajoutant des fongicides de synthèse, quand ceux en biodynamie déploient des préparations organiques et minérales. Comme on pouvait s’y attendre, la charge en mildiou et oïdium des vignes suivies était plus forte pour celles en biodynamie que celles en conventionnel (respectivement 51 % et 22 % de plantes infectées en moyenne de 2014 à 2017). Mais « dans tous les cas, aucune des feuilles collectées ne montre de symptômes visibles, comme une surface poudreuse ou de taches d’huile. Les deux systèmes parviennent à stopper l’infection » souligne l’étude, qui repose sur une détection moléculaire précoce du mildiou et de l’oïdium (l’étude des gènes de défense et des métabolites secondaires permettant de capter la réponse des vignes aux maladies deux à trois semaines avant l’expression de symptôme).

Si les feuilles sont indemnes, elles n’ont pas les mêmes aspects selon les modes de culture. Les vignerons en conventionnel n’hésitant pas à se moquer des teints jaunâtres et maladifs du feuillage en biodynamie. Ayant analysé la composition des feuilles de 2015 à 2017, les scientifiques notent que les taux de chlorophylle sont plus élevées sur les vignes conventionnelles (témoignant d’une meilleure activité photosynthétique), tandis que les concentrations en anthocyanes et flavonols sont plus importantes en biodynamie (marquant une réponse au stress, qu’il soit climatique ou fongique). Ces données sont confirmées par des mesures de l’expression des gènes des défenses, qui est deux fois supérieures pour les vignes en biodynamie sur la période 2014-2016. « Tout particulièrement lors de stress liés au dérèglement climatique » précise Jean Masson.

Recherche participative

Cette publication et ces résultats sont la partie émergée du travail d’un Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) sur le changement de pratiques au vignoble, qui réunit 25 viticulteurs alsaciens (sur la commune de Westhalten). Suivant une méthode de recherche-action-participative, les chercheurs souhaitent ainsi valoriser les savoirs et réflexions des praticiens pour mieux les faire diffuser dans le vignoble. Si les scientifiques ont récolté les données de 2014 à 2017, ils ne les ont pas analysés seuls. Pour arriver aux conclusions publiées par l’étude, les parties prenantes se sont réunies pendant une journée pour débattre des résultats observés. Et arriver à la conclusion que les défenses naturelles de la vigne sont plus élevées en biodynamie.

« Il n’y a par contre pas d’éléments permettant de trancher sur les causes. Pour savoir si la biodynamie a un effet positif ou si c’est le conventionnel qui a un effet négatif » souligne Jean Masson. Ses prochains travaux vont se pencher sur la temporalité de ces phénomènes, notamment pendant les phases de conversion et de passage d’une viticulture à l’autre. Cette prochaine étape sera étudiée avec de nouveaux vignerons, douze de Dambach la Ville et 22 de Suisse, qui sont en conventionnels, en bio et en transition (vers la bio ou la biodynamie).


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